**En bref :** La dénutrition touche 4-10% des seniors à domicile en France (800 000 personnes). Signes clés : perte de poids ≥5% en 1 mois, fatigue, chutes. Solutions : enrichissement alimentaire, fractionnement des repas, consultation médicale, portage de repas adapté.
Article rédigé par notre partenaire Saveurs et Vie
Sommaire
Avec l’âge, l’alimentation peut devenir un défi : perte d’appétit, fatigue, difficultés à cuisiner ou à mastiquer, isolement, etc. Pour un aidant familial, repérer quand ces changements deviennent préoccupants n’est pas toujours simple.
Pourtant, la dénutrition touche 4 à 10 % des personnes âgées vivant à domicile. Une situation fréquente, mais encore méconnue.
Dénutrition des personnes âgées : définition et causes
La dénutrition correspond à un déséquilibre entre les apports nutritionnels et les besoins de l’organisme. Quand une personne âgée mange insuffisamment, son organisme puise dans ses réserves, notamment les muscles, provoquant ainsi une perte d’autonomie progressive.
Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition de la dénutrition comme des difficultés pour s’alimenter, la perte d’appétit, la présence de maladies chroniques ou de problèmes bucco-dentaires, l’isolement social, etc.
Conséquences de la dénutrition chez les seniors
La dénutrition peut entraîner une diminution de la force musculaire, augmentant ainsi le risque de chute et d’hospitalisation. Elle affaiblit également le système immunitaire et l’état de santé général, ce qui favorise la perte d’autonomie.
La prévention vise à éviter l’apparition de la dénutrition en agissant le plus tôt possible.
Et lorsque la dénutrition est déjà installée, une prise en charge adaptée permet d’en limiter l’aggravation, de stabiliser l’état de santé et d’améliorer le confort de vie, tout en contribuant au maintien de l’autonomie
La dénutrition en quelques chiffres
D’après le Collectif National de Lutte contre la Dénutrition et la Haute Autorité de Santé :
- La dénutrition est une maladie silencieuse qui concerne 2 millions de personnes en France dont 800 000 seniors
- 4 à 10 % des seniors à domicile sont dénutris
- 40 % des personnes âgées sont hospitalisées pour des conséquences de dénutrition
- 50 % des personnes âgées hospitalisées souffrent de dénutrition
- 40 % des patients atteints d’un cancer et 40 % des personnes qui ont Alzheimer sont touchés par la dénutrition
Ces chiffres rappellent à quel point la dénutrition est un enjeu majeur de santé publique, particulièrement chez les personnes âgées.
Pourquoi les aidants ne voient ils pas toujours les signes ?
Il est important de rappeler que les aidants ne doivent en aucun cas culpabiliser. La dénutrition s’installe souvent de manière progressive, parfois sur plusieurs semaines ou plusieurs mois, ce qui rend ses premiers signes difficiles à repérer, même pour un proche très attentif.
De plus, certaines phrases du quotidien viennent rassurer ou donner l’illusion que tout est normal : « Il n’a pas très faim, mais c’est normal à son âge », « Elle a toujours mangé peu », « Il picore, mais au moins il mange quelque chose… ».
Pourtant, toute perte de poids involontaire doit alerter. La dénutrition n’est pas une fatalité liée à l’âge : c’est une maladie que l’on peut prévenir, dépister et prendre en charge. L’objectif est d’accompagner les aidants, afin qu’ils puissent mieux comprendre la situation de leur proche et bénéficier d’un soutien le plus tôt possible.
Comment reconnaître les signes de dénutrition chez un proche âgé
La dénutrition peut se manifester par différents signes. Certains peuvent traduire une dénutrition déjà installée, d’autres correspondre à des signaux d’alerte précoces, mais tous doivent inciter à la vigilance :
• Changements physiques
– Perte de poids involontaire (≥ 5 % en 1 mois ou ≥ 10 % en 6 mois), parfois associée à des vêtements qui flottent, une ceinture resserrée ou une alliance qui tourne
– Perte de force et de mobilité : difficulté à se lever d’une chaise, à monter les escaliers, à marcher plus longtemps
– Chutes récentes ou sensation d’instabilité
• Changements dans les habitudes alimentaires
– Diminution de l’appétit : repas laissés de côté, sautés ou consommés en petites quantités
– Moins de plaisir à manger : modifications du goût, dégoût pour certains aliments, baisse de l’intérêt pour les repas
– Fatigue pendant les repas, difficulté à finir le plat
• Changements dans le comportement et le quotidien
– Fatigue inhabituelle, manque d’énergie au quotidien
– Repli sur soi : moins d’envie de sortir, isolement progressif
– Santé plus fragile : infections plus fréquentes, cicatrisation plus lente
– Baisse du moral, perte d’intérêt pour certaines activités
Il est recommandé de se rapprocher d’un professionnel de santé. Une prise en charge précoce permet de préserver l’autonomie et la qualité de vie.
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Les solutions pour accompagner un proche à risque de dénutrition
Adopter une alimentation équilibrée et adaptée aux besoins, notamment en protéines, reste essentiel. Plusieurs actions complémentaires peuvent aider à soutenir un proche en situation de dénutrition ou à risque, et à améliorer son état nutritionnel au quotidien.
• Ne pas rester seul : demander un avis médical
En cas de suspicion de dénutrition, il est essentiel d’en parler à un professionnel de santé.
Le médecin peut poser un diagnostic, rechercher une cause sous-jacente, prescrire des compléments nutritionnels oraux (CNO) si nécessaire et orienter vers une diététicienne pour un accompagnement personnalisé.
• Adapter l’alimentation pour avoir des apports suffisants
Lorsque les quantités consommées diminuent, il est possible d’agir sans forcer :
- Enrichir l’alimentation : une alimentation enrichie consiste à augmenter la teneur en protéines et en énergie des plats, généralement sans en augmenter le volume. Cela permet de couvrir les besoins nutritionnels même en cas de petit appétit. Il est par exemple possible d’ajouter du fromage râpé ou de la crème dans les potages, du lait en poudre dans les plats ou les desserts, etc.
- Fractionner les prises alimentaires : il est souvent plus facile de manger plusieurs petites prises alimentaires que trois repas trop copieux. Répartir l’alimentation en 4 ou 5 moments dans la journée (repas et collations) permet d’augmenter les apports sans provoquer de fatigue ou de sensation de trop-plein.
- Adapter les textures si nécessaire : en cas de difficultés à mâcher ou à avaler, adapter la texture des aliments (hachée, moulinée, mixée, aliments plus mous) permet de faciliter la prise alimentaire.
• Préserver le plaisir et l’envie de manger
Le plaisir alimentaire joue un rôle clé, surtout lorsque l’appétit diminue. Proposer des aliments appréciés, soigner la présentation, varier les couleurs et les saveurs, partager le repas ou créer une ambiance agréable (calme, musique douce) peut aider à relancer l’envie de manger.
• Agir sur le quotidien et l’environnement
- Limiter l’isolement : manger seul peut diminuer l’envie de s’alimenter. Partager un repas avec un proche, organiser des visites ou des temps conviviaux peut aider à redonner de l’intérêt aux repas. Lorsque cela est possible, le recours à une aide extérieure, comme le portage de repas à domicile, peut également contribuer à rompre l’isolement. La livraison régulière apporte une présence humaine.
- Encourager une activité physique adaptée : bouger régulièrement, selon ses capacités (marche, jardinage, tâches du quotidien), aide à limiter la fonte musculaire et stimule l’appétit.
- Vérifier la santé bucco-dentaire : douleurs, prothèses mal adaptées ou gêne à la mastication réduisent fortement les apports alimentaires. Un suivi dentaire régulier est recommandé.
• Ne pas négliger l’hydratation
Avec l’âge, la sensation de soif diminue. Pourtant, la déshydratation accentue la fatigue, diminue l’appétit et peut aggraver la dénutrition. Fractionner les apports hydriques dans la journée et proposer des aliments riches en eau (fruits, légumes, potages) contribue à une meilleure hydratation.
• Mettre en place un suivi régulier
Un suivi régulier permet de repérer l’évolution de la situation, qu’il s’agisse d’une aggravation, d’une stabilisation ou d’une amélioration. Il peut inclure une surveillance du poids (pesée hebdomadaire ou mensuelle selon la situation) et une vigilance sur l’évolution de l’appétit et de l’état général.
Idées utiles
Actions concrètes pour enrichir l’alimentation d’un senior :
1. Ajouter 2-3 cuillères de lait en poudre dans les purées (+6g protéines)
2. Incorporer 30g de fromage râpé dans les soupes (+7g protéines)
3. Utiliser de la crème épaisse (15-20% MG) dans les plats
4. Proposer des œufs enrichis (jaune + blanc = 6-7g protéines)
5. Ajouter de l’huile d’olive ou de colza (1-2 cuillères/jour)
Quand cuisiner devient difficile : l’accompagnement proposé par Saveurs et Vie
Avec l’avancée en âge, plusieurs difficultés peuvent s’accumuler : fatigue pour préparer les repas ou faire les courses, troubles de la mémoire, baisse de la motivation, ou encore risques liés à l’utilisation des équipements de cuisine. À cela s’ajoute parfois le manque de temps ou l’épuisement de l’aidant familial, qui ne peut pas toujours être présent à chaque repas.
Dans ces situations, le recours à un soutien extérieur, comme la livraison de repas adaptés à domicile, peut représenter une aide utile. Cette solution facilite l’organisation des repas au quotidien.
Saveurs et Vie est une entreprise de services à la personne qui accompagne depuis plus de 25 ans les personnes âgées et leurs proches grâce à un service de portage de repas pensé pour répondre aux besoins nutritionnels spécifiques des seniors.
Les menus sont élaborés par des diététiciens-nutritionnistes et préparés par des chefs cuisiniers, afin d’allier équilibre nutritionnel, variété et plaisir gustatif. Les repas peuvent être personnalisés en fonction des goûts et des besoins alimentaires spécifiques (sans sel ajouté, mixé, haché, sans viande, enrichi en protéines, etc.), ce qui permet de limiter le risque de dénutrition.
Un accompagnement personnalisé est proposé pour faciliter la mise en place du service qui peut se faire par téléphone, par mail ou via la commande en ligne.
Les repas sont livrés par des veilleurs-livreurs formés à la veille sociale, qui prennent le temps d’échanger avec les bénéficiaires. Cette présence régulière contribue à rompre l’isolement et permet de signaler, si besoin, toute difficulté ou évolution de la situation aux aidants ou aux contacts désignés.
L’accompagnement peut également passer par une consultation avec un diététicien-nutritionniste, notamment en téléconsultation, afin de réaliser un bilan et de bénéficier d’un suivi nutritionnel personnalisé.
Être aidant ne signifie pas tout gérer seul. Face à la dénutrition, des solutions existent pour accompagner les proches âgés et soutenir les aidants au quotidien.
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